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Au titre du projet HIGHWAY (système d’avis de conditions météorologiques à fort impact à l’échelle du lac Victoria), un système pilote d’alerte précoce a été déployé à l’échelle régionale pour informer les pêcheurs et d’autres acteurs locaux de la survenue de phénomènes météorologiques à fort impact sur le lac Victoria. On assiste à une mobilisation croissante en faveur des investissements nécessaires à son élargissement, dans le contexte du plan de mise en œuvre du projet de système régional d’alerte précoce à l’horizon 2025 de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE).
Selon les premières études, le projet a bénéficié directement à plus de 200 000 personnes, et indirectement à 1,4 million de personnes. Il a été financé par le Ministère des affaires étrangères, du Commonwealth et du développement du Royaume‑Uni (FCDO) dans le cadre de son programme WISER (Services d’information météorologique et climatologique pour l’Afrique).
Toujours selon ces études, il a également permis de réduire de 30 % les décès liés aux conditions météorologiques sur le lac. Ainsi, plus de 300 vies ont été sauvées chaque année. Les retombées économiques du projet sont estimées à 44 millions de dollars É.-U.. par an, soit un rapport bénéfices-coûts de 16:1.
« Le projet HIGHWAY démontre qu’en améliorant la disponibilité et l’utilisation d’alertes précoces conçues en collaboration avec les parties prenantes, on protège des vies et des moyens de subsistance et on améliore la situation économique et sociale des populations vivant dans le bassin du lac Victoria », a déclaré le Secrétaire général de l’OMM, M. Petteri Taalas. « L’OMM espère que ce modèle pourra être transposé à d’autres régions d’Afrique et, d’ailleurs, au reste du monde », a-t-il ajouté.
Le bassin du lac Victoria fait vivre environ 25 % des riverains. Il abrite la plus grande zone de pêche intérieure d’Afrique, qui produit environ un million de tonnes de poisson par an, emploie plus de 200 000 pêcheurs et génère des exportations à hauteur de plus de 500 millions de dollars É.-U. par an. Plus de 30 millions de personnes vivent sur les rives du lac, qui comptent 1 400 plages ou embarcadères accueillant 50 000 bateaux.
Les accidents de navigation sur le lac causés par des vents forts et des vagues font en moyenne 3 000 à 5 000 victimes chaque année. Avant le lancement du projet, aucun système régional d’alerte précoce n’était exploité pour protéger la santé et la sécurité des personnes qui dépendent du lac.
Un épisode de fortes précipitations a causé une montée des eaux record et mis en évidence la nécessité de diffuser des alertes précoces sur le lac Victoria. Les inondations qui en ont résulté ont entraîné le déplacement de plus de 200 000 personnes vivant sur les rives kényanes, ougandaises et tanzaniennes.
Grâce à l’amélioration de la coopération régionale entre les Services météorologiques et hydrologiques nationaux (SMHN) du Kenya, de l’Ouganda, du Rwanda et de la Tanzanie, les pertes humaines ont été réduites au minimum. Ainsi, un ensemble de prévisions maritimes harmonisé au niveau régional et couvrant l’ensemble du lac Victoria a été émis deux fois par jour tant en anglais que dans les langues locales.
« Le projet HIGHWAY du programme WISER est un excellent exemple de la manière dont on peut renforcer la résistance au changement climatique en améliorant les services météorologiques et climatologiques. Il est le fruit d’une collaboration avec des partenaires de toute l’Afrique de l’Est. Il a eu pour effet d’améliorer les services et a suscité un engagement en faveur de sa poursuite. Il démontre qu’en mutualisant leurs financements et en agissant de manière coordonnée et collaborative, des organismes partenaires peuvent avoir un impact significatif sur les vies et les moyens de subsistance. Moins de vies perdues et moins de biens endommagés », a indiqué M. Julius Court, Haut-Commissaire adjoint et Directeur du développement au FCDO, depuis Nairobi, au Kenya.
Depuis son lancement en 2017, le projet a permis de renforcer les capacités des SMHN participants en consolidant les cadres institutionnels, en améliorant l’accès aux sources de données et en renforçant la coordination entre les prévisionnistes et les bénéficiaires.



