Le 29 décembre 2024, le Tchad a organisé ses premières élections législatives depuis plus de dix ans. Les résultats provisoires, annoncés le 11 janvier 2025 par l’Agence nationale de gestion des élections (ANGE), montrent que le Mouvement patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir, a remporté 124 des 188 sièges disponibles. Cela représente environ les deux tiers de l’Assemblée nationale.
Le parti Réveil, dirigé par l’ancien Premier ministre Albert Pahimi Padacké, a obtenu 12 sièges. Il est suivi par le Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) avec 8 sièges, et l’Union nationale pour la démocratie et le renouveau, qui en a décroché 7. Le taux de participation a été estimé à 51,5 %.
Ces élections ont été boycottées par plusieurs partis d’opposition majeurs, notamment Les Transformateurs de Succès Masra. Ce parti a qualifié le scrutin de « mascarade ». Prévu initialement pour 2015, le renouvellement de l’Assemblée nationale avait été reporté à plusieurs reprises. Ces délais étaient liés à des menaces djihadistes, des difficultés financières et la pandémie de coronavirus.
Le retour des élections législatives au Tchad après une décennie suscite des interrogations sur l’avenir politique du pays. La domination du MPS au sein de l’Assemblée nationale pourrait avoir un impact significatif sur les orientations politiques et les réformes à venir. Cependant, le boycott de l’opposition et les critiques concernant la transparence du processus électoral posent des questions sur la légitimité et l’inclusivité de ces élections.
L’avenir de la gouvernance et de la stabilité du Tchad reste incertain. Les observateurs internationaux et la population tchadienne attendent de voir si le gouvernement adoptera des mesures pour renforcer la démocratie et encourager un dialogue inclusif avec toutes les forces politiques du pays.



