Avenir sûr pour les chrétiens syriens : c’est le vœu le plus cher des habitants de Maaloula, ce village emblématique au nord de Damas. Depuis la chute du régime de Bachar al-Assad et l’arrivée au pouvoir d’Ahmed al-Charaa, ancien commandant rebelle, les communautés chrétiennes célèbrent à nouveau leurs traditions religieuses, mais dans une atmosphère d’incertitude. Les chrétiens de Syrie espèrent un avenir sûr, même s’ils avouent toujours craindre des représailles.
Le dimanche des Rameaux, célébré sous haute sécurité, a été vécu entre ferveur et appréhension. Faris, habitant de Maaloula, exprime ses doutes sur l’avenir du pays : « Le pays est en reconstruction, son identité reste floue. » Malgré cette instabilité, il affirme vouloir croire à un avenir plus paisible.
Dans la vie quotidienne, la peur persiste. Youssef, commerçant, rapporte des actes d’intimidation à son encontre, notamment en raison de ses convictions religieuses. Il redoute un retour des violences sectaires, comme celles vécues dans d’autres régions.
Georges, un autre habitant, se souvient des humiliations subies après le renversement du régime : perquisitions répétées, menaces, atmosphère pesante. Le père Peter souligne que de nombreux jeunes n’ont jamais connu la coexistence religieuse, grandissant dans un climat de guerre et d’idéologie extrémiste.
Rawia, mère de famille, témoigne avec nostalgie d’un temps où musulmans et chrétiens vivaient en harmonie. De retour dans sa maison, elle avoue ne plus se sentir pleinement en sécurité. Maria, jeune maman, partage les mêmes inquiétudes pour ses enfants.
Malgré la restitution symbolique des cloches dans les églises, les chrétiens de Maaloula attendent encore des mesures concrètes pour garantir leur sécurité et restaurer un climat de confiance durable.



