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Aujourd’hui étranglés par la crise économique due au Covid-19, de plus en plus de Nigérians investissent dans les monnaies virtuelles, hissant la première économie d’Afrique parmi les leaders mondiaux des usagers de bitcoins.
Au Nigeria, le bitcoin, en plus d’être financièrement intéressant, est particulièrement attractif pour la jeunesse, qui s’en est notamment servi pendant les grandes manifestations contre les violences policières d’octobre dernier, pour organiser la révolte et récolter des fonds. Les moins de 30 ans sont la moitié de la population du Nigeria et constituent un immense bassin d’utilisateurs potentiels.
Lorsque Chigoziri Okeke, jeune Nigérian de 27 ans, a acheté ses premiers bitcoins en 2016, c’était pour faire un simple paiement en ligne. Cinq ans plus tard, il possède l’équivalent de 50 000 dollars en cryptomonnaies. « Après mon premier achat, le cours du bitcoin a grimpé à environ 400-500 USD l’unité », raconte-t-il à l’AFP. « Et on m’avait dit qu’avant, ça valait un dollar. Ça m’a motivé à investir une petite partie de mon salaire en cryptomonnaie. »
Un autre est étudiant à l’université de Lagos.il est se nomme Adekunle Ahmed .il n’avait pas d’emploi, comme un tiers de la population active nigériane, lorsqu’il s’est converti en trader de cryptomonnaies en 2019. Pour financer ses études, il a monté une petite entreprise d’opérateurs de marché. Il emploie deux courtiers spécialisés dans l’investissement virtuel et espère étendre ses activités à l’investissement immobilier.« En tant qu’entrepreneur il faut savoir diversifier ses activités. Je veux créer de l’emploi et j’ai déjà le capital pour le faire », raconte le jeune homme.
Plus de 400 millions de dollars ont été échangés en cryptomonnaies au Nigeria en 2020, faisant du géant ouest-africain de 200 millions d’habitants le troisième utilisateur de monnaies virtuelles au monde après les Etats-Unis et la Russie, selon une étude du cabinet de recherche spécialisé Statista. « Ce n’est pas surprenant », estime Andrew Nevin, économiste et directeur pays de PricewaterhouseCoopers. « Le naira est une devise très instable », poursuit-il, en référence aux régulières dévaluations de la monnaie nationale qui perd de sa valeur à chaque crise du pétrole, qui représente 90% de ses apports en devises étrangères.



